Édition #12 : Les affaires sont les affaires

Eugène Cabana le Pétrolier réalisé par Jeanne Delafosse & Camille Plagnet – France – 2014 – 59min

Chronique de la débrouille, manuel de survie en « PPTE » (Pays Pauvre Très Endetté), Eugène Gabana le Pétrolier raconte une certaine jeunesse pauvre aujourd’hui à Ouagadougou, Burkina-Faso, à travers le quotidien d’Eugène, petit « affaire man » de quartier qui tente de se faire une vie entre petites embrouilles et grande débrouille.

JJA réalisé par Gaëlle Boucand – France – 2012 – 50min

« JJA sont des initiales. Voici donc le portrait de ces initiales : JJA au jardin, JJA dans son transat sur son balcon, dans son bureau, dans sa salle de bain. JJA, en somme, et sa solitude. C’est sa vaste demeure en Suisse, baptisée « Rosebud », qui sert de décor unique, tel est le parti de Gaëlle Boucand. Mais si, comme le Kane de Welles, l’esseulement paraît son lot, cet écrin désert se remplit en revanche d’un flot incessant de paroles. De quoi est-il question dans ce huis-clos ? De récits d’affaires – nombreuses, compliquées à débrouiller, d’arnaques financières dont il a été victime. Et le voilà à dérouler ses réussites, d’évoquer, fataliste, ses déboires avec ses avocats, ses partenaires financiers, sa précédente épouse, les commerçants locaux qui l’ont repéré comme évadé fiscal. Il soliloque, se souvient, nous fait part de ses obsessions numérologiques, de son rapport à l’argent, aux oeuvres d’art, à l’aménagement intérieur, de l’installation d’un poulailler, devise ample sur le cours du monde autant que sur des anecdotes. Son verbe ne tarit jamais. Filmé en cadres fixes, en intérieur et en extérieur, il entame un raisonnement ici, le conclue là, sans jamais y mettre de point final. Ecart, diffraction kaléidoscopique de cette voix et de ce corps comme disjoints. On l’aura compris, JJA, malgré cette confession à voix haute, reste une énigme ; mais un autre portrait, à distance, s’esquisse : celui d’une forme de pouvoir, du verbe et d’un homme assuré d’un certain ordre par son propre discours. »(Nicolas Féodoroff, FIDMarseille 2012)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code