One shot #3 : L’empire de la perfection

L’empire de la perfection réalisé par Julien Faraut – France – 2018 – 94min

Plongée dans le Roland Garros du début des années 80, en compagnie du numéro un mondial John McEnroe. Les rushes d’un film d’instruction tourné en 16mm révèlent de façon inattendue les malentendus et autres problèmes de cohabitation entre, d’un côté un champion perfectionniste et de l’autre, des arbitres perfectibles, un public avide de spectacle et une équipe de tournage décidée à capter les moindres faits et gestes du génial et tempétueux joueur américain.

One shot #2 : Manuel de libération

Manuel de libération réalisé par Alexander Kuznetsov – France – 2016 – 80min

« Une histoire de la province sibérienne. Des filles passent directement de l’orphelinat à un internat neuropsychiatrique, privées de tous leurs droits de citoyennes : pas de liberté, pas de travail, pas de famille. Le parcours pour conquérir ces droits, face à l’effrayante bureaucratie institutionnelle russe, est long et difficile. Parfois, quelqu’un y arrive, mais la nouvelle liberté est alors un saut dans le vide… Le parcours de ces jeunes « combattantes », pleines de rage intérieure, de courage et d’opiniâtreté, est saisissant. On est vraiment impressionnés par le talent d’Alexander Kuznetsov et sa capacité d’écoute et d’observation. Le film a une formidable progression narrative, simple et implacable. La caméra est toujours à la juste distance et, à travers sa captation des espaces, nous donne la vraie dimension du drame que les protagonistes vivent. Elle reste aussi très pudique quand à leurs émotions, comme dans les scènes finales, où tout se dit dans la luminosité d’un regard ou dans l’espace vide d’une fenêtre fermée. Un saisissant « manuel de libération ».
(Luciano Barisone)

One shot #1 : Oncle Bernard, l’anti-leçon d’économie

Oncle Bernard : l’anti-leçon d’économie réalisé par Richard Brouillette – Canada – 2015 – 86min

Tournée en mars 2000, dans le contexte du film L’Encerclement – La démocratie dans les rets du néolibéralisme, cette fascinante entrevue avec Bernard Maris, alias Oncle Bernard, constitue une véritable « anti-leçon d’économie ». Sans fard ni artifice, le réalisateur laisse toute la place à la parole riche, dissidente, acérée et mutine de Maris. En toute liberté, celui-ci assène à loisir des vérités percutantes qui renversent les dogmes sempiternellement ressassés par le chœur vibrant de la valetaille de la « science » économique. Formidable vulgarisateur dont la verve, l’éloquence, l’érudition et l’alacrité parviennent à rendre passionnants les sujets les plus arides, Oncle Bernard déploie au fil de cet entretien une pensée courageuse en son originalité, qui se révèle d’autant plus précieuse en ces temps de démission intellectuelle et d’austérité économique.