Édition #1 : La mort en face

La mort de qui ? La mort de quoi ?

Si la thématique choisie pour cette première édition de Kings of Doc n’est pas des plus joyeuses, ne vous-y trompez pas : il y est autant question de mort que de vie ; de célébration finalement. Car il s’agit bien de ceux qui restent et qui l’ont vu, cette mort en face : dans les yeux du bourreau, dans les yeux des victimes ou en face, de l’autre côté du mur. Ils sont encore là pour témoigner et ils parlent d’eux : comment (sur)vivre après avoir vécu l’atroce ?

Massaker réalisé par Monika Borgmann, Lokman Slim & Hermann Theissen – France/Allemagne/Liban/Suisse – 2004 – 98min

Du 16 au 18 septembre 1982, pendant deux nuits et trois jours, « Sabra et Chatila », chef-lieu de la présence palestinienne civile, politique et militaire au Liban est mis à feu et à sang. Vingt ans plus tard, six participants à ce massacre qui a choqué l’opinion publique mondiale racontent pour la première fois leurs excès meurtriers et barbares. Ni parodie de tribunal, ni séance de thérapie, Massaker laisse parler des tueurs pour ouvrir, au-delà de ce massacre, une réflexion sur la violence collective.

Cinq caméras brisées réalisé par Emad Burnat et Guy Davidi – Palestine/Israël/France – 2003 – 90min & 52min

Emad, paysan, vit à Bil’in en Cisjordanie. Il y a cinq ans, au milieu du village, Israël a élevé un  » mur de séparation » qui exproprie les 1700 habitants de la moitié de leurs terres, pour « protéger » la colonie juive de Modi’in Illit, prévue pour 150 000 résidents. Les villageois de Bil’in s’engagent dès lors dans une lutte non-violente pour obtenir le droit de rester propriétaires de leurs terres, et de co-exister pacifiquement avec les Israéliens. Dès le début de ce conflit, et pendant cinq ans, Emad filme les actions entreprises par les habitants de Bil’in. Avec sa caméra, achetée lors de la naissance de son quatrième enfant, il établit la chronique intime de la vie d’un village en ébullition, dressant le portrait des siens, famille et amis, tels qu’ils sont affectés par ce conflit sans fin.

Terra de ninguém réalisé par Salomé Lamas – Portugal – 2012 – 72min

Paulo de Figueiredo, un mercenaire portugais de 66 ans s’exprime sur son passé et livre un récit personnel et officieux sur les conflits auxquels il a assisté dans divers pays et continents, à la marge de deux mondes : celui du pouvoir et celui des révolutions. Paulo parle de lieux et de faits anonymes, de fragments de violence, de cruauté et de ses propres expériences.

El Sicario réalisé par Gianfranco Rosi – Italie/France – 2010 – 80min

Un tueur à gages se confie : il a tué des centaines de personnes, est expert en torture et kidnapping et il a été officier de police dans l’état du Chihuahua, Mexique. Il a même été entraîné par le FBI. Il a vécu à Juárez et s’est déplacé librement entre le Mexique et les États Unis. Aujourd’hui, il est en cavale et sa tête est mise à prix à 250 000 dollars. Pourtant, il est libre et n’a jamais été condamné. Le film se déroule dans une chambre de motel à la frontière américano-mexicaine. Ce film est basé sur l’article The Sicario écrit par Charles Bowden et publié dans Harper’s Magazine en 2009.

 

 

 

 

 

 

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